Histoire

Histoire

Histoire de la photonique québécoise

L’histoire de la photonique québécoise débute réellement après la Seconde Guerre mondiale. En 1947, le ministère de la Défense nationale crée le centre Recherche et développement pour la défense Canada (RDDC-Valcartier). À cette époque, la photonique suscite l’intérêt de plusieurs chercheurs, notamment le Dr Jacques A. Beaulieu, qui invente à la fin des années 1960 le laser à gaz de haute puissance à excitation transverse et à pression atmosphérique, connu sous le nom de CO2-TEA.

Cette invention, qui marque un moment décisif dans l’histoire de la photonique québécoise, sera cependant gardée secrète jusque dans les années 1970 en raison de son vaste potentiel. En effet, le laser CO2-TEA est à l’origine d’importantes avancées dans la recherche universitaire en physique des plasmas, en spectroscopie, en traitement des matériaux et en photochimie. Ce laser est encore utilisé aujourd’hui, notamment pour les traitements de surfaces et le marquage.

Le Centre d’optique, photonique et laser (COPL), deuxième pilier de l’industrie, est fondé par l’Université Laval en 1989. Son objectif est de soutenir les chercheurs en photonique et de former les étudiants des cycles supérieurs en physique. Aujourd’hui, le COPL regroupe des chercheurs de l’Université Laval, mais aussi de Polytechnique Montréal, de l’Université de Sherbrooke, de l’École de technologie supérieure, de l’Institut national de la recherche scientifique, de l’Université McGill, de l’Université du Québec à Montréal et de l’Université Concordia. Ces chercheurs sont mondialement reconnus pour leur expertise en optique guidée et fibre optique, en lasers et phénomènes ultrabrefs, en communications optiques ainsi qu’en matériaux photoniques. Graduellement, ce regroupement d’experts prend de l’ampleur et crée des partenariats avec de nombreuses institutions québécoises.

Enfin, la figure de proue en transferts technologiques et en essaimage, INO, encourage grandement le raffermissement d’un lien entre la recherche institutionnelle et les applications industrielles. INO est reconnu pour sa participation active dans le secteur, notamment avec ses nouvelles sociétés issues de l’essaimage (Optel Vision, TeraXion, Coractive, Fiso, etc.), qui elles-mêmes emploient des étudiants diplômés du COPL.

Le secteur de la photonique d’aujourd’hui s’inscrit dans la filiation de ces trois piliers fondateurs en recherche et développement. L’expertise de la photonique québécoise se reflète dans la masse critique de plus de 220 entreprises qui forment par leur savoir-faire diversifié un écosystème fort et dynamique.

Mobilisation et réseaux

Depuis maintenant près d’une vingtaine d’années, plusieurs industriels et chercheurs se sont regroupés pour renforcer leurs liens et accroître leur visibilité. Suivant la création de regroupements régionaux, de nouvelles initiatives à plus grande portée naissent pour mobiliser le secteur, telles que la démarche ACCORD du gouvernement du Québec.

La démarche ACCORD œuvre au développement économique des régions en misant sur un savoir-faire technologique de pointe. C’est de ce désir de mobilisation qu’est né le Réseau photonique du Québec (RPQ) en 2004, lui-même issu de la fusion de deux regroupements régionaux : Groupe optique-photonique Québec (GOPQ) et Réseau photonique de Montréal (RPM).

Avec l’expertise de son bassin de main-d’œuvre et ses entreprises innovantes, la photonique gagne en reconnaissance au Québec en tant que secteur technologique d’avenir. Afin de mobiliser son plein potentiel, le secteur de la photonique connaît une dernière grande fusion en 2017 : celle du Réseau photonique du Québec (RPQ) et du Cercle de l’industrie en optique-photonique (CIOP).